Il y a désormais plus de six mois, mon tout premier roman, Faux-Semblants, est sorti. Et même si l’annonce de sa publication a été un moment fort, intense, presque irréel, les choses ont peu à peu commencé à se dégrader au fil des mois.
C’est difficile pour moi de revenir sur cette expérience, parce que j’ai l’impression que je devrais uniquement être reconnaissante – et je le suis, pour beaucoup de choses. Mais je pense aussi qu’il est important d’être honnête : cette expérience m’a profondément affectée ces derniers mois. Au point de me demander si je devrais encore publier un jour, ou simplement tout arrêter. Ce qui a été le plus dur, honnêtement, c’est de vivre tout cela seule. Ne pas avoir quelqu’un à qui en parler, avoir le sentiment de me perdre, de ne voir que le négatif. Depuis la sortie de Faux-Semblants, je n’arrive plus à percevoir le moindre point positif.
Tout a commencé avec des attentes qui, dans mon esprit, étaient pourtant modestes et atteignables. Mais rien ne s’est passé comme prévu. Là où j’espérais des retours, je me suis retrouvée face à un silence radio pesant. Semaine après semaine, je me rendais sur Goodreads, Booknode ou Babelio, vérifiant la page de mon livre, attendant le moindre commentaire, le moindre avis.
Mais il n’y avait rien. Absolument rien.
Au début, je me disais que j’exagérais, que je manquais de patience. Mais après trois mois sans le moindre retour, j’ai fini par baisser les bras et me demander : « À quoi bon ? » Ce sentiment de « flop », je l’avais déjà connu sur Wattpad, lorsque cette histoire était restée des mois sans commentaire. Et voilà que cela se répétait avec la publication papier, alors même que je pensais que cela m’apporterait des lecteurs, des retours, un échange.
À force d’espérer, cela n’a fait que me ronger de l’intérieur. Surtout quand, à côté, certaines personnes promettaient de lire mon livre à une date précise… sans jamais le faire. En temps normal, cela ne m’aurait pas autant touchée. Mais lorsqu’il s’agit de ton premier roman, de quelque chose d’aussi personnel, ces promesses non tenues prennent une toute autre dimension. Elles laissent place à des pensées dures : « Mon livre est nul. » ; « Ils ont détesté dès les premières pages. » ; « Ton livre n’en vaut pas la peine. »
Et honnêtement, même des avis négatifs, je les aurais accueillis. Je ne suis pas quelqu’un de particulièrement susceptible ; au contraire, j’aurais simplement voulu savoir que quelqu’un m’avait lue, que quelqu’un avait pris le temps de tourner les pages. Mais non. Rien. Encore aujourd’hui, il n’y a toujours rien. Et cela m’a donné l’impression de ne rien valoir. D’avoir fourni tant d’efforts – d– pour, au final… rien. À quoi bon tout cela si personne ne lit le résultat ?
J’aurais aimé que cette expérience soit belle. Mais c’est tout le contraire. Aujourd’hui, je n’ai même plus envie de songer à publier quoi que ce soit, ni en format papier, ni sur Wattpad. Ce vide, ce silence, m’ont fait trop de mal. J’en ai pleuré, je me suis détestée pour ça, au point de ne plus vouloir revivre une telle douleur.
Et pourtant, j’aime écrire. J’ai toujours aimé ça, et cette envie n’a jamais disparu. Je ne pense pas qu’elle disparaîtra un jour. Mais partager mes écrits ? Cette envie s’est fragilisée avec le temps et la publication de Faux-Semblants n’a fait que renforcer cette impression d’écrire dans le vide, de ne toucher personne. Peut-être que le mieux, finalement, est de garder mes histoires pour moi.
Et cela me fait mal, parce que je me suis toujours dit que c’était ce que j’aimais le plus : créer des chapitres sur Wattpad, y associer des images, des chansons, des ambiances… et rêver que, quelque part, quelqu’un tienne un jour mes livres entre ses mains.
Mais aujourd’hui ? Je n’ai plus envie de m’infliger cette peine.
Alors je crois que je vais arrêter. Que ce n’est peut-être tout simplement pas fait pour moi. Parce que perdre pied de cette manière n’en vaut pas la peine et je refuse d’aller plus loin dans cette souffrance. Parfois, il faut aussi accepter la réalité, même lorsqu’elle est difficile. Et peut-être que celle-ci en fait partie. Alors, pour l’instant, je pense garder mes histoires pour moi. Les préserver, loin du silence et du manque de retours.
Quant à une éventuelle nouvelle publication… je n’y crois plus vraiment. Après ce que je considère comme un échec, j’ai du mal à imaginer que quelqu’un veuille me publier à l’avenir.
Peut-être que, cette fois, la décision n’est pas vraiment la mienne.
Et qu’il est temps de l’accepter.